mercredi 5 novembre 2008

Artistes en guerre à Troyes

L'exposition Champs de Mémoire, articulée autour de la commémoration du 90ème anniversaire de l'armistice de la Première guerre mondiale, a été organisée par l'ORCCA dans la région Champagne Ardenne, et a eu lieu du 20 septembre au 11 novembre 2008.

 J'ai exposé au Musée d'art moderne de Troyes (Aube) une série de 11 dessins et gravures, produite entre 2004 et 2008, mis en parallèle avec des photographies de la Section Photographique de l'Armée des champs de bataille de Verdun.
Voici quelques photographies (de mauvaise qualité) de l'installation de mes dessins et gravures, installés en parallèle aux photographies de la SPA (Section Photographique de l'Armée), faite au Musée d'Art Moderne de Troyes.

Je ne suis pas autorisée à reproduire de manière claire les photographies de l'ECPAD, donc je ne peux que vous montrer ces images basiques, ou vous inviter à visiter le site de l'ECPAD.





mercredi 1 octobre 2008

Champs de bataille 2

Série de gravures à l'eau forte, à l'aquatinte, au vernis mou...
Dimensions variables.

Les personnages qui peuplent ces images sont des Naufragés, ce sont ceux qui quittent un monde pour s'échouer dans un autre... Leur corps nus, vulnérables, planent dans des paysages dévastés, dans lesquels se multiplient les trous, les cratères, les mares noires. Ils rappellent fortement les corps perdus des poilus de la guerre 14-18.

Ces tableaux dessinés sont des échos fantastiques aux photographies cauchemardesques des champs de bataille de Verdun.



La grotte
2008
eau forte, 19,7 x 15 cm

Attaque au gaz
2008
eau forte et aquatinte, 19,7 x 29,5 cm

Masque à gaz
2008
eau forte et aquatinte

Au fond du trou
2008
eau-forte, 21 x 27 cm



lundi 1 septembre 2008

Les porteurs d'esprits

Le porteur de l'esprit du corbeau obèse
2008
encre de Chine sur papier Arches aquarelle satiné,
155 x 100 cm


Le porteur de l'esprit de la pintade distinguée
2008
encre de Chine et encre blanche sur papier Arches aquarelle satiné
157 x 105 cm


Le porteur de l'esprit du gros poulet déplumé
2008
encre de Chine sur papier Arches aquarelle satiné,
156 x 99 cm

La porteuse d'esprit du lapin blanc
2008
encre de Chine et aquarelle sur papier; 30 x 30 cm




dimanche 31 août 2008

Coffret Transe

En 2008, je suis invitée à présenter Transe, une partie vidéo de mon projet Incantations,
au Centre d'art et de littérature de l'Echelle dans les Ardennes.
Cette animation est éditée par les éditions Rencontres en coffret DVD avec dessins originaux.
Il existe 12 exemplaires numérotés, signés, de ce coffret.



jeudi 21 août 2008

Corps paysages

 La géante engloutie
2007
eau-forte; 7,8 x 17,5 cm


La femme paysage
2007
eau-forte; 9,6 x 13,9 cm


Le géant enraciné
2008
eau-forte; 16 x 22 cm


vendredi 1 août 2008

Champs de bataille

Série de dessins à l'encre de Chine.
Dimensions variables.


Des trous, restes de déflagrations guerrières, des marres sombres, des flaques de lait... Les paysages dévastés, chaotiques de ces dessins sont peuplés d'abîmes qui nous mènent dans les entrailles de la terre ou du corps...

Cratère
2006
30 x 42 cm

En attendant... , 
2006
30 x 42 cm


Bombardement, 
2005
24 x 32 cm

samedi 28 juin 2008

Expo Transes

Exposition Transes,
au Centre d'Art et de Littérature, Hotel Beury, de L'Echelle, dans les Ardennes
du 28 juin au 24 août 2008


samedi 21 juin 2008

Arbres, racines...

Le manteau
2007
eau-forte, 10,5 x 38,7 cm


Je est parti ailleurs
2008
eau-forte, 20,9 x 15,8 cm


Je suis morte
2006
eau-forte, 16,5 x 7,9 cm

lundi 28 avril 2008

Edition d'une sérigraphie

Début 2008, je suis de nouveau invitée à Chaumont par Vincent Cordebard,
pour venir créer une sérigraphie à l'atelier des Silos avec Jorge Bettancourt.
Je reste donc trois jours sur place pour dessiner puis créer la sérigraphie
tirée à 9 exemplaires sur papier Magnani Pescia 300g.
La nuit ronde
2008
sérigraphie, tirage à 9 exemplaires,
sur papier Magnani, 56 x 76 cm

vendredi 14 mars 2008

Les métamorphoses

Exposition Les métamorphoses,
au collège La Fontaine de Charleville-Mézières,
du 14 au 28 mars 2008

Renaissance, 
2007
eau-forte et pointe sèche

jeudi 3 janvier 2008

Texte d'Hervé Levy


L’Autre côté
À la découverte du bestiaire fantasmagorique de Julie Faure-Brac… Dessins, eaux-fortes, sculptures ou vidéos, les œuvres de l’artiste venue de Charleville-Mézières, sont en effet toujours placées sous le signe de l’étrangeté : entre éros et thanatos, entre hymne à la vie et fascination pour la douleur, partons à la rencontre d’une œuvre singulière.

Très tôt, Julie Faure-Brac (née en 1981) a découvert les textes de Sacher-Masoch, de Sade et (surtout) de Georges Bataille… et l’on pense alors, à la vision de certaines de ses créations, à cette phrase de l’auteur de Histoire de l’œil : « toute la mise en œuvre de l’érotisme a pour fin d’atteindre l’être au plus intime, au point où le cœur manque ». Cette “définition”, tirée de L’Érotisme (Éditions de Minuit, 1957) pourrait servir de fil d’Ariane dans le travail d’une artiste qui nous entraîne dans un univers singulier, onirique et hybride. Et dans ce Monde Autre (pour reprendre le titre du catalogue monographique qui lui a été récemment consacré) que trouve-t-on ? Des dessins étranges où l’on sent la marque inquiétante de Goya et les réminiscences de Kiki Smith… et l’on ne peut s’empêcher d’évoquer aussi Alfred Kubin (1877-1959), son roman Die andere Seite (L’autre Côté ; publié en français chez José Corti) et ses dessins marqués du sceau du cauchemar et du surnaturel. Julie Faure-Brac, elle aussi, se glisse dans les failles de la réalité et, dans son cabinet du bizarre, on croise des êtres mi-hommes, mi sangliers, des personnages nus au pied d’un arbre mort (comment ne pas voir leur ressemblance avec Vladimir et Estragon dans En attendant Godot ?) d’où coule un liquide aux allures séminales. Ils sont plantés en plein cœur d’une forêt qui semble avoir été décimée par la mitraille. Il y a aussi des mangeurs de branches se nourrissant de la sève d’un arbre et recrachant par leur sexe flaccide une autre sève ou d’étranges êtres volants, nus comme des poulets plumés expectorant des cailloux par leur bouche déformée et douloureuse… sans oublier quelques réalisations à l’encre de Chine marquées par la fascination du poil à laquelle n’échappent pas les magnifiques Tarés, étonnante fresque faite de Freaks qui semble concentrer les obsessions de Julie Faure-Brac : sexes, seins, langues ou membres masculins élastiques, allongés et énormes, projection de fluides corporels indéterminés, pilosité galopante ou encore hommes à tête d’animaux. On pense alors évidemment aux créatures étonnantes et fabuleuses de la mythologique antique qu’Ovide décrit avec tant d’art dans ses Métamorphoses, gorgones, chimères ou griffons… Toute cette humanité hybride, présentée là dans des postures où un certain hiératisme le dispute à une infinie tristesse, semble nous signifier que nous, pauvres humains, sommes dans un état instable entre le naturel et le surnaturel… et que seul le rêve, sans doute, peut nous permettre de supporter notre condition finie. Le salut est alors à trouver dans cet “entre-deux” aux accents parfois surréalistes où les pulsions élémentaires se manifestent, où les corps se distordent et où la vie jaillit et donne naissance à la vie dans un mouvement perpétuel dont le moteur pourrait être le fluide sexuel. En somme, l’homme, élément constitutif du cosmos, fait croître ce “tout” en tentant de se fondre en lui : tel est le sens d’un dessin comme Le Dormeur du Val (2006 ; une des rares réalisations de Julie Faure-Brac où règne la sérénité et l’apaisement) où la chair se mêle intimement à la nature… au titre inspiré de Rimbaud, lui aussi natif, faut-il le rappeler, de Charleville-Mézières : « Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme / Sourirait un enfant malade, il fait un somme / Nature, berce-le chaudement : il a froid / Les parfums ne font pas frissonner sa narine / Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine / Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit ». On retrouve cette vision du monde dans ses sculptures (gigantesque Humanimaux à l’échelle 1:1) et ses vidéos : l’artiste y explore aussi le cycle de la vie et de la fertilité… Les titres de certaines de ses œuvres (Lape moi, La grosse B. ou Le Pondeur d’obus) ont de très claires résonances sexuelles. Parfois on sent l’accomplissement calme, la fusion entre les êtres et les éléments… mais, plus souvent c’est la souffrance, la douleur et le déséquilibre qui dominent. Finalement, on ne peut que revenir à Bataille et sa définition de l’érotisme « l’approbation de la vie jusque dans la mort ».



Hervé Lévy


Texte publié dans le Calendart # 15