mardi 28 février 2017

Exposition à la Comédie de Reims > vernissage 28/02/17

Je suis heureuse de vous inviter à l'inauguration de mon installation inédite de sculptures à la Comédie, CDN de Reims le mardi 28 février à 19h.

Initié par l'association Fugitive, je suis intervenue dans le cadre du cycle "un site, un artiste"; l'exposition Ce qui peut arriver... est visible du 28/02 au 02/06/2017, du mardi au vendredi de 12h à 19h, le samedi (hors vacances scolaires) de 14h à 18h et tous les soirs de représentations, devant le Studio de la Comédie. 










La charte de l'économie solidaire de l'art

J'aimerais partager avec chacun des visiteurs de ce blog un site internet et un groupe de réflexion forts intéressants sur l'économie solidaire de l'art, sur la question de la rémunération des artistes plasticiens entre autre. Je vous invite à lire leur charte en cliquant sur le lien ci-dessous et à vous faire une idée, voire à vous engager!

Economie solidaire de l'art

Texte de présentation exposition "Ce qui peut arriver..."


Cycle "1 site, 1 artiste"
Oeuvre fugitive #02 

Julie Faure-Brac
Ce qui peut arriver...
du 28 février au 2 Juin
la Comédie, Reims
vernissage mardi 28 février 19h

Initié par l’association fugitive, le cycle « un site, un artiste » invite l’artiste Julie Faure-Brac à intervenir dans le hall singulier de la Comédie de Reims, doté de dimensions monumentales. Pour celui-ci l’artiste a réalisé des sculptures d’êtres hybrides, mi-humains, mi-animaux qui évoquent la métamorphose, le chamanisme mais aussi une sorte de malédiction, la chute des damnés.



Deuxième artiste invitée du Cycle "1 site/1 artiste", Julie Faure-Brac a décidé d’utiliser la sculpture répondre à l’invitation d’intervention dans le hall de la Comédie. Son œuvre confronte homme et animal à travers une double interrogation. Quelle relation entretenons-nous avec notre part d’animalité, de sauvagerie, et réciproquement, qu’y a-t-il d’humain chez l’animal ? Derrière ce face-à-face fantasmagorique, semi-conscient, qui se nourrit d’une inspiration éclectique, allant des figurations animistes des peuples du Grand Nord aux gravures engagées de Goya, l’artiste cherche à sonder les fils ténus qui nous unissent encore au sacré.


AF : L’association Fugitive vous a contactée l’année dernière pour vous proposer de participer au cycle « 1 site & 1 artiste » à la Comédie de Reims.
Pourquoi avoir décidé de participer à ce projet ?
 JFB : Je connais Simon Coquelet depuis longtemps, on a travaillé ensemble sur des pochettes de disques, c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup pour son enthousiasme et sa curiosité. Lorsqu'il m'a parlé du projet et m'a fait rencontrer Sarah, j'ai trouvé leur idée très intéressante ; aller installer l'art dans des lieux insolites m'a toujours enthousiasmé et cela m'inspire beaucoup. Ce n'est pas la première fois pour moi, j'ai réalisé il y a quelques années une installation de sculpture dans une ancienne porcherie, en Haute-Marne, et plus récemment une installation en volume dans un immeuble d'habitations, de Charleville, voué à la destruction. Des projets comme cela poussent toujours à créer des choses nouvelles, spécifiques aux lieux, à dépasser ses propres limites. Je connais le bâtiment de la Comédie (j'ai fait mes études à Reims, à l'ESAD) et le projet d'y exposer une œuvre in-situ m'a tout de suite plu !


AF : Comment avez-vous abordé cette question de la création d’une œuvre in situ qui vous a demandé d’entrer en conversation avec l’architecture du hall de la Comédie ? Est-ce que le lieu vous a guidé vers une voie que vous n’imaginiez pas encore explorer ?

 JFB : Depuis que je crée des installations, le lieu d'exposition a toujours été déclencheur du projet, de l'idée, de la forme, de la taille des œuvres. J'adore créer une œuvre en fonction de son premier lieu d'exposition. Alors oui ! Le lieu m'a guidé et m'a donné la possibilité de créer des sculptures suspendues, ce que je rêvais de pouvoir faire un jour et que je n'avais pas l'occasion de faire. Quand j'ai vu cet espace tout en hauteur, avec plusieurs points de vues, j'y ai tout de suite imaginé suspendre des volumes. J'aime l'idée qu'une œuvre dialogue avec l'espace, qu'elle n'y soit pas juste une pièce rapportée. Ensuite des questions techniques se posent mais c'est toujours enrichissant de se dépasser.

AF : Vous avez réalisé un travail très minutieux, avec une méthode très précise. Des moulages de corps, une structure en bois recouverte de papier, puis entièrement crayonnée et recouverte de poil imprimé en monotype et collé presque un par un. Pourriez-vous nous en dire plus ? Travaillez-vous notamment avec des esquisses préparatoires ?

 JFB : Je fais quelques croquis préparatoires mais très rapidement la nécessité de créer le volume s'impose. De toute façon, je considère mes sculptures comme des dessins en volume, et je fais rarement des croquis pour mes dessins. C'est le trait ou la ligne qui construit petit à petit mes figures dessinées.
Je crée d'abord les moulages en plâtre sur mon propre corps (on laisse toujours une partie de soi dans l’œuvre...) puis j'ajoute des formes animales, en grillage recouvert de papier. J'obtiens des corps hybrides, fantasmagoriques. Je travaille effectivement de très longues heures sur chaque pièce, c'est comme un rituel, ça en devient une obsession. Je dessine, je découpe, je colle. Mes figures en volume sont comme dans mes dessins, les corps humains sont bruts, blancs et les corps de bêtes apparaissent grâce à l'accumulation des petits traits de crayons noirs qui font naître la matière, poils, plumes...

AF : Que représente ce travail dans votre parcours ? 

 JFB : Il y a quelques années j'ai commencé un travail sur les « Porteurs d'esprits » où le corps humain (entier) portait sur ses épaules, sur son dos tout le poids de l'animal, esprit venant d'un monde autre, incarnation de nos peurs, de nos fantasmes, de nos malédictions.
Ces « Corps en suspens » exposés à la Comédie sont plus morcelés que les figures de porteurs d'esprits. Le corps humain est incarcéré dans des corps parasites, parties animales. Il s'agit en quelque sorte de nos corps enchevêtrés dans le corps de cet Autre qui nous ressemble, qui nous questionne, qui nous hante. Personnellement cela a une vertu rassurante d'imaginer une métamorphose... Le corps humain seul, l'espèce humaine isolée... cela ne me suffit pas. J'ai besoin d'autre chose, de fantastique, de magie, de sacré.
J'ai nommé cette installation « Ce qui peut arriver... » C'est une phrase qui peut être lu de façon optimiste ou pessimiste, même ironique selon les points de vue. Je suis moi-même partagée vis à vis de l'avenir de nos relations à la nature et aux animaux. Parfois infiniment triste et désespérée du constat de disparition des espèces, et de disparition de respect envers ce monde dont on fait partie, parfois confiante en un réveil empathique, en une prise de conscience et en des réactions positives vis à vis de l'harmonie primordiale avec la nature.
Nous sommes en suspens, tout peut arriver, nous pouvons réagir.

AF : Pourriez-vous nous parler du projet de performance que vous êtes en train de mettre en place et qui sera présenté au prochain festival de la marionnette de Charleville ?

 JFB : Le projet s'appelle « Une chasse à l’envers », il s’agit d’une performance mêlant sculptures portées, musique, arts de la marionnette, installation. Cette performance transporte un groupe de spectateurs au cœur d’une forêt, la nuit et lui offre une rencontre magique avec des animaux de papier prenant vie grâce à la musique et à la manipulation marionnettique.
Pour les spectateurs cela devrait être une expérience forte en émotions et en magie ! Je l'espère ! Rendez-vous en septembre au festival mondial des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières.
Je me suis inspirée des chasses volantes ou fantastiques (mythes populaires d'Europe centrale et du Nord), des figures étonnantes d'hommes sauvages, du chamanisme. Cette performance prend comme sujet la chasse, comme une quête spirituelle du gibier, un retour archaïque et profond au dialogue avec les esprits. Le rituel créé ici est une chasse à l’envers, un retournement du temps, une cérémonie de réanimation des morts, de reconstruction des corps (et oui, là aussi les corps sont morcelés!). Je voudrais insuffler la vie dans l’inanimé. C’est en quelque sorte la problématique même de la marionnette, et je crois d’une manière plus générale de l’art.



samedi 18 février 2017

Élever les sculptures dans les airs

Vendredi 17 février
Avec l'équipe technique de la Comédie, nous avons suspendu à des câbles, au dessus de nos têtes, mes trois sculptures de Corps en suspens. Le montage s'est bien déroulé et l'installation, ayant pour titre Ce qui peut arriver..., sera visible à partir du 28 février jusqu'au 2 juin 2017.








vendredi 17 février 2017

Presse: expo "Ce qui peut arriver..." à la Comédie

Voici un article paru dans l'Hebdo du vendredi à Reims le vendredi 17 février 2017